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jeudi 30 août 2007

LES RESCAPES DU 404

error404Je me permets de copier-coller ici un article étonnant que j'ai trouvé par hasard (fameux concept de la sérenpidité) au cours de ma lecture des archives du Courrier International. Il s'agit d'un article de 2006 signé Maya Ghandour Hert pour le quotidien libanais d'expression française L'Orient-Le Jour, intitulé "la dernière demeure des pages web".
Que deviennent ces milliers de pages dont le lien ne nous renvoie plus qu'à la fameuse "erreur 404" ? Comment pourrait-on "fixer ces vertiges" ?
Cet article, au-delà d'y répondre, nous fait rêver à nous en donner le vertige, car il nous plonge à la fois dans les profondeurs abyssales de la Toile pour nous faire ressurgir aussitôt vers les projets le plus fous, destinés à la conservation de ce qui, par nature, devait rester éphémère. De la réalité à la science-fiction, il n'y a désormais plus qu'un clic.

"Pris de vertige à l’idée que le web annonce qu’une page n’existe plus, un halluciné a entrepris de sortir le cyberhéritage des poubelles de l’Histoire. Un archivage titanesque. C’est l’histoire d’un fou – ou d’un génie, c’est selon : celle de Brewster Kahle, qui, voici plusieurs années, a installé ses quartiers avec une trentaine de collaborateurs dans une base militaire reconvertie à San Francisco. Ordre de mission : déclarer une guerre sans merci à l’“Error 404, document not found”. Sans doute le message d’erreur le plus frustrant du Net, le “404” indique le plus souvent que l’information recherchée a été effacée, probablement perdue à jamais dans le cyberespace.
Le nombre de pages créées sur la Toile atteint le rythme fou de 1 milliard par an. Des dizaines de milliers de pages sont remises à jour toutes les heures. Simultanément, 10 % des pages disparaissent après une semaine d’existence, la durée moyenne d’un document ne dépasse pas une quarantaine de jours. D’où l’idée, lancée par Brewster, d’archiver un maximum de ces témoins, écrits, sonores et visuels. Et d’offrir aux générations futures une photographie numérique plus ou moins fidèle de l’état de la civilisation à un moment “m” de l’histoire contemporaine.
“A l’avenir, on saura que nous étions obsédés par le sexe, l’argent et le sport”, relève Steve Baldwin, un autre archiviste du web. Ce New-Yorkais a entrepris, non pas de collecter les pages supprimées du réseau, mais plutôt de recueillir les dépouilles du web, soit des centaines de sites abandonnés et errants comme autant d’épaves dans un coin du réseau. Son “Museum of e-failures” (Musée des e-échecs, visible sur www.disobey.com/ghostsites) est devenu le sanctuaire incontournable de la nouvelle économie. Signe des temps : si, en 1998-99, à l’âge d’or du web, on y trouvait essentiellement des sites abandonnés par leurs créateurs avant de passer à quelque chose de plus ambitieux, aujourd’hui, on n’y déplore que des fonds d’e-commerce en faillite. “Ghostsites” comprend une liste de plus de 500 noms de sites. Par ordre alphabétique, cette liste fait côtoyer les stars déchues du monde des dot.com avec des inconnus du monde underground, des idées farfelues, des concepts abscons.
La démarche de Brewster Kahle s’inscrit plus dans la pure tradition des documentalistes. Son “Internet Archive”, qui a néanmoins bénéficié d’un large appui financier et technique des poids lourds de l’informatique et de la culture (Compaq, AT&T ou Xerox, sans oublier la vénérable Bibliothèque du Congrès américain), revendique aujourd’hui plus de 10 milliards de pages web archivées. Et ce grâce à Alexa, un moteur de recherche développé par Brewster Kahle, qui, depuis quatre ans, scanne méthodiquement le réseau et récupère des millions de captures de sites. Le tout est stocké sur d’immenses serveurs abritant une base de données éléphantesque de 100 terabytes, soit cinq fois l’équivalent du fond de la Bibliothèque nationale de France. Et ce n’est qu’un début."

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"DE L'INFORMATION A LA CONNAISSANCE"

actes_information_connaissanceTel est le thème du séminaire national qui s'était déroulé à Poitiers du 28 au 30 août 2006. Citons la présence de Jean-Louis Durpaire, Claude Morizio, François Le Goff ou encore Mireille Lamouroux parmis de nombreux autres spécialistes de la documentation, des médias, des TICE.

Sur le site EduSCOL, il est désormais possible de télécharger l'intégralité de ces actes. Le texte est clair et utile pour se mettre à niveau sur l'actualité de ces thématiques. Bonne lecture.

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