lundi 18 février 2008
LA MEDIATHEQUE DE SENDAI AU JAPON
Au Nord de Honshū, la plus grande des îles du Japon, se trouve Sendaï, grande métropole de plus d'un million d'habitants. (voir la page francophone du site officiel de la ville, qui présente notamment son remarquable musée, son château, son mausolée). Sendaï figure parmi les onze villes les plus importantes du Japon (elle est jumelée à la ville française de Rennes). Et c'est là, dans cette région souvent sujette à de violents séismes, qu'un architecte, Toyo Ito (voir le mémoire de fin d'études d'architecture sur l'architecte), a fait le pari fou de bâtir une médiathèque en grande partie faite de verre. Il a remporté l'appel d'offre en 1995 grâce à son projet de structure fondée sur 13 colonnes conjugant stabilité et libre circulation de l'air et de la lumière. L'enveloppe du bâtiment est de verre. La Culture ne craint donc pas la Nature? Le résultat est en tout cas très agréable (bien que ma préférence demeure, en général, pour la vieille pierre) et semble s'adapter parfaitement à son environnement. Pour aller plus loin : voir le dossier d'Arte consacré à la médiathèque de Sandaï (informations, photos, biographie de Toyo Ito, vidéo de la médiathèque, ainsi qu'une bibliographie).
La politique culturelle de la médiathèque rejoint le concept du bâtiment : flexibilité, facilité de navigation et d'accès à l'information souhaitée. La médiathèque se met au service des personnes handicapées, des aveugles et malvoyants, mais aussi des lecteurs ne parlant pas le japonais, des utilisateurs ne maîtrisant pas les nouvelles technologies de l'information et de la communication : pour cela, des ateliers sont mis en place. Le fonds, particulièrement riche en ressources vidéos, propose du matériel pour les déficients visuels et auditifs. De nombreuses projections ont lieu, la médiathèque propose un travail en partenariat avec les établissements scolaires de la ville. ("educational promotion and voluntary activities are supported so that all people including the disabled can use media freely" cf programme d'action de la médiathèque, à consulter sur le site officiel de la médiathèque de Sendaï).
Le portail de la médiathèque, au graphisme sobre, présente les prochaines manifestations culturelles, les activités et le matériel proposés, détaille chacun des sept étages que contient le bâtiment, mais il ne propose, du moins sur l'interface en anglais, aucun service 2.0, ni de recherche dans l'OPAC...dommage...cette médiathèque reste néanmoins réellement intéressante, à visiter si l'on en a l'occasion un jour.
[images : carte provenant des archives de la BBC, photos du milieu du site de Nezumi, photos du bas du site de Nikon]
dimanche 17 février 2008
LA SCIENCE A L'HEURE DES BIBLIOTHEQUES NUMERIQUES
Je porte à votre connaissance cet intéressant article du numéro 117 de la revue Tangente de juillet-août 2007 (quelques mois déjà, mais l'article reste d'actualité), et ce d'autant plus qu'il a été écrit par Alexandre Moatti (qui m'avait fait le plaisir d'emprunter la petite passerelle en décembre), polytechnicien et grand prédicateur de la vulgarisation scientifique, qui fut notamment Secrétaire général du comité de pilotage de la Bibliothèque Numérique Européenne, auprès du Ministre de la Culture. L'article fait le point sur l'actualité des bibliothèques numériques (réalisations et projets) dans le domaine des mathématiques.
[image : le pavage de ce petit chemin bordant le village
de Great Shelford près de Cambridge jusqu'à l'hôpital Addenbrooke, savant mélange entre art contemporain et science, représente la
séquence nucléotide d'ADN pour le gène BRCA2 (situé sur le chromosome 13q12-13,
comme chacun le sait), décodé par l'institut Sanger. Plus d'infos sur leur site. ]
jeudi 14 février 2008
MA DECLARATION...
[photographie : livret de prières datant du XVIe siècle. Bibliothèque de Saxe]
mardi 12 février 2008
BIBLIOTHEQUE D'ALEXANDRIE D'HIER ET D'AUJOURD'HUI
dimanche 10 février 2008
LA BIBLIOTHEQUE DU CONGRES DE PLUS PRES...

De belles photographies de la Bibliothèque du Congrès, prises entre 2006 et 2007 par la photographe américaine Carol M. Highsmith, sont désormais visibles sur le site de la bibliothèque, dans la rubrique "online archive" qui fait partie du Catalogue des Imprimés et des Photographies ; ce sont ainsi plus de 400 prises de vues qui sont offertes à notre observation minutieuse, effectuées sur une période nécessaire à l'obtention, pour chacune d'entre elles, de la meilleure luminosité possible. Le résultat est sans appel. Souvent perchée sur un chariot élévateur, Highsmith a su capturer chacun des infimes détails (mais non dénués de sens) des allégories et autres fresques, peintes ou sculptées, que notre observation sur place n'aurait pas pu capter. Sa récente donation de ces photographies va permettre aux visiteurs de mieux comprendre la mission de la Bibliothèque consistant en la promotion et la préservation d'une collection universelle de savoirs ainsi que de la création artistique pour les générations futures.
[photographies : vue extérieure, porche d'entrée en granit, sculptures représentant deux allégories de la Science, tenant la torche du savoir (gauche) et un globe céleste (droite). Credit Line: Library of Congress, Prints & Photographs Division, photograph by Carol M. Highsmith [reproduction number, e.g., LC-USZ62-123456]
lundi 28 janvier 2008
BIBLIOTHEQUE DANS LE DESERT DE MAURITANIE...
mardi 15 janvier 2008
BIBLIOTHEQUE DE MINSK BY NIGHT...
dimanche 23 décembre 2007
CREATION DE LA "FONDATION BIBLIOTHEQUE NUMERIQUE EUROPEENNE"
Fin novembre, la "Fondation bibliothèque numérique européenne" s'est institutionnalisée, permettant à tout citoyen européen d'avoir accès à notre patrimoine culturel. Viviane Reding, commissaire à la Société de l'information et aux média voit le projet comme "la démonstration que les institutions culturelles européennes
veulent travailler ensemble à la mise à disposition de leurs
collections à travers un point d'accès unique multilingue".
Un partenariat entre les membres de la Fondation s'est mis en place pour travailler aux différents projets :
- la mise en place d'un portail commun aux différents secteurs du patrimoine pour l'accès au patrimoine culturel et scientifique,
- le développement et l'exploitation du portail commun,
- les initiatives visant à rassembler les contenus numériques existants,
- la numérisation du patrimoine culturel et scientifique en Europe.
Le site prototype de la bibliothèque numérique
européenne sera lancé l'année prochaine. En complément avec la remise
officielle de ses statuts, la Fondation a annoncé le premier sujet qui
y sera traité : la Ville.
La Ville est un thème fédérateur au niveau européen, qui sera abordé selon plusieurs perspectives. Parmi les pistes envisagées :
- villes du futur/ villes du passé
- migrations et diaspora
- commerce et industries
- design et styles de vie urbains
- la peste et le choléra : la santé dans la ville
- archéologie et architecture
- utopies et villes imaginaires
- émeutes et troubles
- palais et pouvoirs politiques
Le projet de bibliothèque numérique vise à
rassembler des contenus numérisés des archives, bibliothèques, musées
et collections audiovisuelles en Europe. Des cartes, des photos, des
enregistrements sonores, des films, des livres, des documents
d'archives et des oeuvres d'art permettront ainsi d'explorer deux
millénaires d'interconnections entre les villes européennes.
Le Dr Wim van Drimmelen, membre de la Fondation et directeur de la bibliothèque nationale des Pays-Bas, qui héberge le projet, affirme que « les
institutions culturelles : archives, musées, audiovisuel et
bibliothèques travaillent ensemble pour faire en sorte que leur
ressources soient rassemblées dans le monde virtuel, indépendamment du
lieu de leur conservation dans le monde réel. C'est ce que
l'utilisateur attend.
Pour sa part, la BnF
participe activement au développement de la BnuE, par ses programmes de
numérisation de masse, dont les résultats seront accessibles également
à travers le portail. Par ailleurs, la Bibliothèque avait développé, à
la demande du gouvernement français, un prototype de bibliothèque
numérique baptisé Europeana, en collaboration avec les bibliothèques
nationales de Hongrie et du Portugal. Elle a livré l'intégralité de ce
prototype aux équipes chargées du développement de
La bibliothèque numérique européenne lancera en
novembre 2008 un prototype qui permettra d'accéder directement à plus
de 2 millions de livres, photos, cartes, enregistrements sonores, films
et documents d'archives provenant d'institutions culturelles
européennes (bibliothèques, archives, musées et collections
audiovisuelles).
Les membres suivants participent à la Fondation bibliothèque numérique européenne :
- Martine de Boisdeffre, EURBICA: branche européenne du Conseil International des Archives
- Edwin van Huis, FIAT: Fédération internationale des Archives de Télévision
- Claudia Dillmann, ACE: Association Cinémathèques Européennes
- Massimo Negri, EMF: Forum européen des Musées
- Elisabeth Niggemann, CENL: Conférence des bibliothèques nationales européennes
- Hans Geleijnse, LIBER: Ligue des Bibliothèques Européennes de Recherche
- Christophe Dessaux, MICHAEL: Inventaire multilingue du patrimoine culturel en Europe
- Wim van Drimmelen, Koninklijke Bibliotheek, bibliothèque nationale des Pays-Bas
- ICOM Europe: Conseil International des Musées, branche européenne
- CERL: Consortium des bibliothèques de recherche européennes
Le projet de bibliothèque numérique européenne est
un projet pilote de la Commission européenne dans le cadre de
l'initiative i2010 destinée à créer une société de l'information au
service de la croissance et de l'emploi.
Le 25 août 2006, la Commission européenne a adopté la « recommandation relative à la numérisation et la conservation numérique »
qui incite les Etats membres de l'UE à mettre en place des dispositifs
de numérisation à grande échelle, de façon à accélérer la mise en ligne
du patrimoine culturel européen au travers de la bibliothèque numérique
européenne.
En novembre
[image : *John Uibel, "Bookstack", 2006. Allez voir son site c'est magnifique ^_^
*Köninklijke Bibliotheek de la Haague
*drapeaux européens ]
mercredi 19 décembre 2007
LA BIBLIOTHEQUE NUMERIQUE : EXEMPLE A LA BIBLIOTHEQUE UNIVERSITAIRE DE METZ
Ce clip porte sur l'usage et le développement des TIC dans les universités françaises. Il a été entièrement tourné sur le campus de l'Université Paul Verlaine de Metz (UPV-M)
réalisateurs : Philippe Viladecas et Stéphane Manchematin
mai 2006
mardi 4 décembre 2007
EROS OU LE PARADIS EN ENFER
La Bibliothèque nationale de France (BNF) ouvre
mardi 4 décembre une exposition de ses livres et gravures "contraires
aux bonnes moeurs", gardés au secret depuis plus de 150 ans, et qui
sont dévoilées au public pour la première fois. L'exposition "Eros au secret", qui dure jusqu'au 2 mars et est
interdite aux moins de 16 ans, retrace l'histoire de cet "enfer", pavé
de manuscrits de Sade ou d'Apollinaire, d'estampes obscènes et de
photos pornographiques.
Lieu imaginaire, "l'enfer" est une "cote" créée en 1844, sous laquelle
étaient répertoriés les ouvrages "licencieux" ou carrément salaces.
Les premiers ouvrages datent du XVIe siècle, mais c'est surtout le
XVIIIe et ses libertins qui étoffe les collections. On célèbre alors le
plaisir joyeux et les écrits légers, les images de saillies
monumentales et de phallus démesurés circulent sous le manteau. Sade, pour qui le plaisir est indissociable de la souffrance, inverse
bientôt la tendance. "Eros au secret" présente des manuscrits, des
éditions originales de ses textes écrits pour la plupart en prison :
"La philosophie dans le boudoir" ou "Les infortunes de la vertu". 1789 et la Révolution apportent le temps des pamphlets orduriers au
service de la politique. Marie-Antoinette est accusée de coucher avec
tout le monde, et les curés en rut excitent l'imagination populaire.
La collection s'enrichit ensuite au hasard des saisies policières. A
tel point qu'en 1844, la Bibliothèque royale décide de les regrouper
sous une même cote, dont la consultation est étroitement contrôlée.
Parmi d'autres curiosités, la BNF présente aujourd'hui quelques guides
pratiques de l'époque, dont l'"Almanach des adresses des demoiselles de
Paris", avec leurs tarifs et leurs spécialités (1791).
Au XIXè siècle, "Les fleurs du mal" de Charles Baudelaire (1857), dont
la publication provoque un énorme scandale, mais aussi des textes de
Feydeau, Mérimée, Verlaine rejoignent "l'enfer", au côté des premières
photos pornos qui, compte tenu des temps de pose de l'époque, relèvent
de l'exploit.
Guillaume Apollinaire ouvre le XXe siècle avec "Les 11.000 verges"
(1907) et travaille au premier catalogue imprimé des collections. Des
éditions clandestines de Sade circulent alors et les surréalistes
ajoutent quelques pages résolument au dessous de la ceinture aux
collections nationales : "Le con d'Irène" (1928) d'Aragon, ou "Les
rouilles encagées" (1954) de Benjamin Peret.
Pierre Mac Orlan, Georges Bataille, Pierre Louÿs, dont on découvre
après sa mort en 1925 "les textes érotiques d'une violence incroyable",
comme "Histoire d'O" de la mystérieuse Pauline Réage, les rejoignent en
enfer jusqu'au milieu du XXe. Au point qu'avec eux, la cote longtemps
synonyme de relégation devient peu à peu une forme de consécration.
"Eros au secret" revisite cette littérature érotique, polissonne,
pornographique française et présente les collections : photos, estampes
japonaises, "transparents obscènes" et scènes de sexe en tous genres.
Une petite vidéo-reportage est disponible via LCI ici !









